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POLICE – Il n’en sait toujours pas plus sur cette incroyable méprise. Guy Joao, le retraité vivant entre Limay dans les Yvelines et l’Ecosse et pris pendant 24 heures pour Xavier Dupont de Ligonnès, n’en revient pas encore, plus de 2 mois après. 

“Jai bien sûr envie de savoir comment ça m’est tombé dessus”, déclare-t-il au Parisien, avant de revenir en quelques mots sur cette soirée du vendredi 11 octobre forcément très difficile: “il faut voir dans quelles conditions ils ont fait l’interpellation, ce qu’ils m’ont fait et tout ça.”

Le problème, pour le retraité de chez Renault, réside dans le fait que les policiers écossais, pays dans lequel il a été interpellé à la sortie de son avion, et leurs homologues français n’assument pas le déroulé de cette soirée. “Depuis le début, tout le monde se renvoie la balle, c’est comme ça”, lance-t-il. 

Arrêté au pied de son avion

Peu après 20 heures 30 vendredi 11 octobre, Le Parisien, déjà, annonçait que, selon “ses informations”, Xavier Dupont de Ligonnès avait été arrêté à l’aéroport de Glasgow. Une nouvelle alors exceptionnelle dans cette affaire, qui est l’une des plus grandes énigmes criminelles de ces dernières décennies en France.

Xavier Dupont de Ligonnès est soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants à Nantes en avril 2011. Leurs corps ont été retrouvés sous une chape de béton coulée sous la terrasse de leur maison nantaise.

Du père de famille, aucune trace depuis huit ans. L’homme avait été aperçu pour la dernière fois en avril 2011: le 14, il avait été filmé par la caméra d’un distributeur de billets. Le 15, il avait quitté à pied un hôtel de Roquebrune-sur-Argens avec, sur le dos, un étui pouvant contenir une carabine.

 

Plus tôt dans la journée, les policiers français avaient été informés par la Grande-Bretagne, par “la voie de la coopération policière internationale” qu’un homme allait prendre un avion depuis Roissy-Charles-de-Gaulle pour rejoindre Glasgow, rapportent des sources à l’AFP. Trop tard à ce moment-là pour que la police française l’intercepte.

Questions autour de la “dénonciation anonyme”

Une source expliquait à l’AFP que les Britanniques ont été prévenus de l’arrivée de cet homme à Glasgow par une “dénonciation anonyme”. 

Deux mois plus tard, le flou est toujours aussi épais autour de cette source. “Je peux confirmer qu’une autre force de police du Royaume-Uni a averti les autorités françaises, qui ont ensuite avisé la police écossaise”, explique pour sa part la communication de Police Scotland au Parisien, tout en refusant de donner le nom de ce fameux service.

Les policiers français certifient également avoir, durant la soirée du 11 octobre, eu plusieurs échanges avec les Écossais, qui affirmaient alors que les empreintes digitales du retraité correspondaient à celle de Xavier Dupont de Ligonnès. Un point officiellement nié par Police Scotland.

Devant cet imbroglio, Guy Joao s’est rapproché d’un avocat en Écosse pour défendre ses intérêts et découvrir l’identité du dénonciateur anonyme, à en croire Le Parisien.

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