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RETRAITES – Une nouvelle blessure à l’œil. Principale figure du mouvement des gilets jaunes à participer à la manifestation parisienne de ce samedi 28 décembre contre la réforme des retraites, Jérôme Rodrigues a été touché au visage après des tensions avec les forces de l’ordre, comme le montrent de nombreuses images publiées sur les réseaux sociaux.

La scène, quelque peu confuse, s’est déroulée boulevard Magenta dans le 10e arrondissement de la capitale. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, le manifestant menait le cortège des gilets jaunes jusqu’à la gare du Nord, en vue d’y rejoindre les syndicats hostiles à la réforme, lorsque les esprits se sont échauffés.

Plusieurs membres des forces de l’ordre ont alors essayé de repousser la tête du défilé à l’aide de leurs boucliers. Visé par un tir de gaz lacrymogène à quasi bout portant, Jérôme Rodrigues s’est ensuite effondré au sol. Il a été, d’après lui, touché à l’oeil par un bouclier. 

“J’ai reçu un coup de bouclier au niveau de l’œil puis un coup de gazeuse en plein visage”, a raconté le manifestant à L’Obs. “C’est comme ça depuis un an, on nous empêche de manifester: les policiers et les manifestants sont mis face à face, tout est fait pour créer de la tension”, explique-t-il encore en assurant avoir été visé “intentionnellement”.

Quoi qu’il en soit, le gilet jaune a finalement rejoint le cortège organisé par les syndicats, un bandage sur son œil déjà touché par un tir de LBD le 26 janvier dernier, dont il a ensuite perdu l’usage. Une plaie saignante est également visiblement sur son arcade. 

“Merci Macron”, a-t-il réagi quelques minutes après les faits, en publiant sur son compte Twitter une photo de lui et de son œil touché. 

Quelques secondes après cette scène, des échauffourées ont également éclaté dans le secteur du centre Pompidou. Les manifestants ont érigé puis enflammé des barricades juste avant que les forces de l’ordre n’interviennent notamment à renfort de gaz lacrymogène contre des jets de projectiles.

 

Des actions partout en France

Dans le même temps, des actions étaient organisées dans de nombreuses villes en région contre la réforme des retraites, y compris dans de modestes localités comme Romilly-sur-Seine dans l’Aube, Aulnoye-Aymeries dans le Nord ou encore Tergnier dans l’Aisne, où le syndicat Solidaires a compté entre 400 et 600 manifestants.

Une centaine de manifestants se sont rassemblés à Toulouse, selon l’AFP, qui en a dénombré 500 à Saint-Etienne et 150 à Rennes. À Bayonne, ils étaient 1100 selon la police, 2200 d’après les syndicats.

A l’approche du Nouvel an, la contestation sociale contre le projet de système “universel” par points voulu par Emmanuel Macron se dirige vers un nouveau record.

Désormais plus long que celui de 1995 dans les transports (22 jours), le conflit pourrait dépasser jeudi 2 janvier les 28 jours atteints en 1986-1987 à la SNCF, également sans trêve de Noël. D’autant que la reprise des concertations entre le gouvernement et les organisations syndicales et patronales n’est prévue que pour le 7.

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