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BUREAU – Améliorer la créativité, la productivité et la mémoire. Voici quelques-uns des le docteur Eric Mullens, somnologue et auteur d’Apprendre à faire la sieste (Ed. Trédaniel, 2009). Dans le même article, Christophe Chanhsavang, créateur du ZZZen à Paris, bar à sieste situé dans le quartier de l’Opéra va même plus loin, selon lui, la sieste “est un aveu de faiblesse”. 

Un aveu de faiblesse dont les effets bénéfiques ont pourtant été largement démontrés par la science. La littérature scientifique a ce sujet fait consensus. D’autant plus que chaque année, notre dette de sommeil augmente et que la sieste n’est pas seulement vue comme un confort mais comme une solution de santé publique. En 2016, le think tank Terra Nova conseillait ainsi que les entreprises mettent en place des salles de siestes ou d’une courte période “d’activité calme” pour tous les salariés.  

Une jurisprudence plus favorable au forfait jour 

D’un point de vue légal, “le code du travail n’interdit, ni ne fait la promotion de la sieste”, assure maître Éric Rocheblave, avocat spécialiste du droit du travail interrogé par Le HuffPost. “Il existe beaucoup de contentieux sur la sieste, remarque le spécialiste. L’endormissement est un grief très souvent utilisé par les employeurs dans le cas de licenciements”. 

Cependant, ce spécialiste s’est livré à une étude de la jurisprudence sur le sujet. Dans certains cas, comme celui des agents de sécurité, une sieste au travail peut être une “cause réelle et sérieuse de licenciement”, explique l’avocat, citant la Cour d’appel de Paris en mai 2019. 

La jurisprudence penche plutôt en faveur des salariés, bien souvent des cadres, qui sont au forfait jour. Le forfait jour concerne ceux qui dont la durée du temps de travail est comptabilisée non pas en heures mais en jours dus à l’entreprise. Ils seraient plus à même de pouvoir faire la sieste sur leur lieu de travail. C’est ce qu’a statué la Cour d’appel de Riom en septembre 2016. Dans ce cas-là s’endormir au travail ne peut pas justifier un licenciement car le salarié est libre de l’organisation de son temps de travail. 

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