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RETRAITES – Des enseignants aux cheminots de la SNCF en passant par les danseurs de l’Opéra de Paris ou les avocats… la contestation de la réforme des retraites touche de très nombreux corps de métiers. 

Lundi 23 décembre, environ 250 bibliothécaires en France ont à leur tour appelé à la mobilisation contre le système à point promis par le gouvernement. Dans un texte publié sur plateforme appeldesbibliotheques.frama.site/, ces dizaines de professionnels -travaillant au sein de bibliothèques universitaires, ou à la bibliothèque nationale de France ou autre- appellent leurs collègues à rejoindre la lutte. 

“Nous, personnes travaillant en bibliothèque, quels que soient notre tutelle, notre statut et le lieu où nous exerçons notre métier, sommes mobilisées depuis le 5 décembre contre la contre-réforme des retraites par points : en grève, en manifestation, en action aux côtés de la RATP, de la SNCF, du personnel de l’éducation, et des nombreux autres secteurs professionnels unis pour une société solidaire”, débute le texte signé par des salariés de la France entière. 

“Plus que jamais il est temps de s’organiser”

Comme les syndicats les plus hostiles à la réforme, le texte pointe une “remise en cause complète du mode de financement des retraites, qui devrait désormais reposer en grande partie sur l’épargne privée” et la baisse généralisée des pensions désormais calculée sur l’entièreté de la carrière. 

“C’est pour défendre l’extension à toutes et tous d’un système solidaire, et non un nivellement par le bas, que nous sommes en grève et manifestation. Car il y a suffisamment d’argent disponible pour assurer le bon fonctionnement d’un système de retraite par répartition amélioré.”

Et le texte de conclure à un appel à la mobilisation sous toutes ses formes. “Nous appelons les personnels des bibliothèques à renforcer la mobilisation partout en France dès à présent, à se réunir dans leurs bibliothèques pour s’informer et débattre du contenu de la contre-réforme, à faire grève, y compris de manière reconductible là où c’est possible, à contribuer aux caisses de solidarité, à participer aux assemblées générales et à toute action ou manifestation pour l’abandon de la réforme des retraites du gouvernement. Plus que jamais il est temps de s’organiser, s’entraider et lutter pour une société juste et solidaire et un service public de qualité.”

25 jours de conflit, le ton se durcit

Au 25e jour d’un conflit sur les retraites enlisé, le ton s’est durci entre la CGT et l’exécutif, et les regards se tournent désormais vers le discours de vœux d’Emmanuel Macron mardi 31, les grévistes comme l’opposition attendant une initiative du chef de l’Etat.

Lundi, à la veille du réveillon de la Saint-Sylvestre, il faudra compter sur seulement 1 TGV sur 2, 1 Transilien sur 4 et 3 circulations de TER (souvent assurées par des cars) sur 10, prévient la SNCF.

Alors qu’aucune négociation n’est prévue d’ici le 7 janvier, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a accusé dans le Journal du Dimanche le gouvernement d’organiser “le bordel” et de jouer “le pourrissement” d’un mouvement social déjà plus long que celui de 1995.

“Ils se sont dit  ‘on va leur coller les ultimatums pendant les fêtes de Noël’. Emmanuel Macron se veut l’homme du nouveau monde, mais il imite Margaret Thatcher”, cingle-t-il: “Il a dit qu’il avait changé, qu’il était prêt à l’écoute… Où est l’acte II du quinquennat?”.

Egalement dans le JDD, le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a reproché à la CGT de pratiquer un syndicalisme “de blocage” voire “d’intimidation” et dénoncé “une pression qui s’exerce de façon anormale sur une partie des cheminots” pour qu’ils participent au mouvement.

Dans ce contexte, la parole du président de la République, resté quasiment muet sur le conflit depuis des semaines, laissant son Premier ministre Edouard Philippe en première ligne pour défendre le projet de système “universel” de retraite à points, est très attendue. 

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