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RETRAITES – Les danseurs de l’Opéra de Paris ne céderont pas. Dans un communiqué partagé le 24 décembre sur Facebook, les artistes, en grève contre le projet de réforme des retraites, font part de leur désaccord face à la concession proposée par le gouvernement la veille, selon laquelle le nouveau texte pourrait n’entrer en vigueur qu’à partir de 2022, pour ne s’appliquer qu’aux futures générations.

“Il nous est proposé d’échapper personnellement aux mesures, pour ne les voir appliquées qu’aux prochaines générations. Mais nous ne sommes qu’un petit maillon dans une chaîne vieille de 350 ans. Cette chaîne doit se prolonger loin dans le futur: nous ne pouvons pas être la génération qui aura sacrifié les suivantes”, écrivent-ils. 

Le gouvernement a proposé aux danseurs de l’Opéra de Paris que la réforme entre en vigueur seulement pour les danseurs recrutés à partir de 2022, selon un document consulté par l’AFP. “Même avec la meilleure volonté du monde, nous ne pouvons acquiescer à ce qui nous est demandé”, indique le communiqué. 

 

Une pension à 42 ans

L’Opéra, qui dispose d’un régime spécial datant de 1698, sous Louis XIV, et la Comédie-Française sont les seules institutions culturelles concernées par la réforme du gouvernement.

Les danseurs de l’Opéra de Paris (Garnier et Bastille) partent actuellement à la retraite à 42 ans compte tenu de la “pénibilité” de leur métier, des risques de blessure et du fait que la majorité des danseurs peut difficilement continuer à danser les grands ballets au-delà de cet âge avec le même niveau d’excellence.

“La pension que nous touchons après 42 ans, additionnée aux salaires souvent modestes de nos deuxièmes carrières permet -si on a de la chance- , de conserver un niveau de vie à peu près stable quand on ne peut plus danser”, estiment les danseurs, qui se disent “poussés à bout”. “L’élimination de notre caisse de retraite, qui incarne l’union entre toutes les générations de nos plus de 70 métiers, pour nous faire rentrer de force dans un régime qui ne nous correspond pas du tout, achèverait de détruire l’équilibre fragile de notre collectif de travail”, ajoutent-ils.

Le gouvernement appelle à la concertation

Dans un courrier envoyé au directeur général de l’Opéra de Paris Stéphane Lissner, le gouvernement propose par ailleurs d’élaborer “un dispositif de reconversion professionnelle” pour les quelques danseurs (6 par an en moyenne sur les 5 dernières années) qui s’arrêteront chaque année.

Dans ce courrier, ainsi que dans un autre envoyé à la Comédie française, le gouvernement invite les directeurs des deux institutions à mener avec lui des concertations pour la mise en œuvre de la réforme, à partir du début de l’année prochaine jusqu’à l’automne 2020. Le fruit de ces travaux sera intégré dans les textes d’application de la loi.

 

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