Sélectionner une page

POLITIQUE – C’est un rendez-vous traditionnel, mais cette année, les vœux télévisés du président de la République ce mardi 31 décembre sont plus attendus que d’habitude. En plein conflit social autour de la réforme des retraites, Emmanuel Macron est attendu au tournant, comme il l’avait été l’an dernier sur les gilets jaunes.

D’autant plus qu’il a choisi de ne pas souhaiter “Joyeux Noël” aux Français afin d’avoir “une expression globale pour les fêtes de fin d’année lors de ses vœux du 31 décembre”, selon les mots de la présidence à nos confrères du Parisien.

Que va-t-il dire? Interviendra-t-il sur la réforme des retraites? Pour en dire quoi?  En attendant cette allocution qui dure en général une quinzaine de minutes -et qui devrait être un “discours d’apaisement” selon l’Élysée-, nous avons demandé à Laurent Escure, secrétaire national de l’Unsa, Guillaume Chiche, député LREM et au communicant Philippe Moreau Chevrolet ce qu’ils en attendaient. Sans surprise, leurs réponses ne sont pas du tout similaires…

Laurent Escure (Unsa): ”Ça fait longtemps que je ne crois plus au père Noël”

“Je n’en sais rien, ça fait longtemps que je ne crois plus au père Noël!”, réagit auprès du HuffPost, Laurent Escure, le secrétaire général de l’Unsa. “Je pense que sur le conflit, il va laisser faire son premier ministre et qu’il va réaffirmer son cap” prévoit le responsable syndical, sous-entendant “sa réforme”.

Le chef de file du syndicat réformiste ne s’attend pas à ce que le chef de l’État annonce le retrait de l’âge pivot, point contesté de la réforme annoncée par Édouard Philippe le 11 décembre. “Ce serait une bonne nouvelle, mais il y a des convocations qui sont prévues pour janvier autour de ces thématiques”, rappelle-t-il. 

Laurent Escure, qui dirige le syndicat majoritaire à la RATP s’attend à une intervention assez classique: “Je pense qu’il va faire un exercice de synthèse, en disant ’voilà où on en est, voilà ce qu’on a fait, c’est très bien’”. “Il risque de faire un plaidoyer pro domo (en sa faveur, NDLR), pour sa méthode”, prévient le militant qui regardera l’intervention, “mais peut-être en replay, comme sur Netflix!”.

Philippe Moreau Chevrolet: “On attend une résolution de la crise”

“Ce qu’on attend, c’est une résolution de la crise”, presse au contraire le communicant Philippe Moreau Chevrolet, qui perçoit lui trois scénarii possibles: “Soit il renonce à l’âge pivot; soit il fait un virage social et il annonce un remaniement, mais là ce serait Noël; soit il ne dit rien, il parle de l’opération Barkhane et des hommes courageux qu’il a rencontrés à Noël sans parler des retraites, c’est tout à fait possible”. 

Le spécialiste de la communication a du mal à faire des prévisions tant Emmanuel Macron est “imprévisible”. “Il refuse qu’on lui impose un agenda, même quand la pression vient de son propre camp, souligne le spécialiste, “Au contraire, il aime bien prendre le contre-pied, être là où on ne l’attend pas, c’est sa façon de faire, une forme de liberté”, rappelle-t-il à propos de celui qui était surnommé “le maître des horloges” au début de son quinquennat.

À propos du cadre que choisira Emmanuel Macron pour cette intervention et qui est en général scruté et analysé, comme l’année dernière où le président s’était montré debout face aux Français en pleine crise des gilets jaunes, Philippe Moreau-Chevrolet assure que “pour une fois, c’est le fond qui va primer”. “Les petits symboles disposés un peu partout sur le bureau sont pour les commentateurs et le microcosme, mais les Français attendent des réponses, même s’ils se sont habitués à un président assez autoritaire et jusqu’au-boutiste”. 

Guillaume Chiche (LREM): “Continuer à réformer le pays”

Pour le député LREM Guillaume Chiche, ancien du Parti socialiste, “c’est un exercice compliqué et risqué”. “En ligne de fond, au-delà de s’adresser aux Français, il y a un message essentiel à faire passer: nous sommes à mi-mandat, nous allons continuer à réformer le pays. Un certain nombre de commentateurs font comme si c’était terminé, comme si ça nous précipitait vers la fin du quinquennat, mais non, il ne faut pas lever le stylo”, demande l’élu des Deux-Sèvres.

En pointe sur le dossier des retraites en tant que membre de la commission des Affaires sociales, Guillaume Chiche ne s’attend pas, en revanche, ”à des annonces” sur le sujet. “Le cadre pour cela c’est le dialogue social, il y a des réunions programmées à la rentrée, donc je pense qu’il en parlera, mais je ne pense pas qu’il y ait des annonces”, prévient l’élu des Deux-Sèvres.

À propos de la droite qui réclame, par la voix de son président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Damien Abad, qu’il “réconcilie les Français” alors que “la fracture sociale et territoriale est sans précédent”, Guillaume Chiche estime que “par essence, il le fera, comme il l’a fait année après année à l’occasion de ses vœux à la nation. C’est un président profondément humain”.

 

À voir également sur Le HuffPost: